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Transport en Martinique : la grève chez Transaglo prend fin après plus de 200 jours.

Un conflit social qui s’est étendu sur près de six mois trouve enfin son épilogue. Les salariés de Transaglo et le gérant de l’entreprise, Emmanuel Pharès, ont conclu un accord mettant fin à la grève. Cette résolution ouvre la voie à une remise en service progressive des bus sur le territoire.

Origines et déroulement du conflit

La mobilisation, initiée par le syndicat CGTM Transports le 17 mars dernier, reposait sur deux revendications principales : l’amélioration des conditions de travail et une revalorisation salariale. Les employés du prestataire de Martinique Transport estimaient que les résultats des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) ne suffisaient pas à compenser la hausse du coût de la vie.

Malgré de nombreuses tentatives de négociation au fil des mois, les discussions étaient restées infructueuses jusqu’à la signature d’un protocole d’accord, survenue après six mois de tensions.

Les termes de l’accord

Emmanuel Pharès considère cette issue comme une victoire, les conditions finalement acceptées correspondant à ses propositions initiales formulées en début de conflit. Il explique ce revirement par la prise de conscience des salariés face aux risques encourus : « Ils se sont rendu compte qu’ils allaient droit dans le mur et qu’il y aura des pertes d’emplois. Ils ont décidé de sortir de ce conflit-là. »

Les mesures obtenues comprennent une augmentation générale des salaires de 3%, déjà actée lors des NAO, ainsi qu’une revalorisation de plusieurs primes : la prime du dimanche passe de 65 à 80 euros, tandis que la prime repas augmente de 8 à 10 euros.

Le protocole fixe l’arrêt définitif de la grève au 15 septembre à minuit, avec une reprise immédiate de l’activité. Toutefois, l’augmentation salariale de 3% n’entrera en vigueur qu’à partir du 1er septembre 2026. Par ailleurs, aucune rétroactivité n’est prévue : les jours de grève ne seront pas rémunérés, et les nouvelles primes ne s’appliqueront qu’à partir du mois de septembre. Le salaire de ce mois sera néanmoins versé intégralement. Le syndicat CGTM Transport n’a pas souhaité commenter cette issue.

La fin du mouvement social ne garantit pas pour autant un retour immédiat à la normale. L’incendie ayant détruit cinq bus, occasionnant une perte estimée à 1,2 million d’euros, continue d’affecter la capacité opérationnelle de l’entreprise. Selon Emmanuel Pharès, certaines zones géographiques subiront les conséquences de ce manque de véhicules, notamment le secteur reliant l’agglomération de Fort-de-France à Saint-Joseph et au Lamentin, où le service restera dégradé.

Concernant l’avenir de la délégation, une nouvelle organisation doit être mise en place en janvier 2027. Dans l’intervalle, Martinique Transport a accordé un avenant de deux mois à Transaglo. Cette prolongation n’efface cependant pas les difficultés financières persistantes de Martinique Transport, dont la situation budgétaire demeure préoccupante et l’avenir incertain.

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